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Travailleurs détachés : que les pouvoirs publics s’occupent plutôt de nos indépendants

Travailleurs détachés : que les pouvoirs publics s’occupent plutôt de nos indépendants

 

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Le détachement des travailleurs n’est plus le débat

 

Alors que vient de se relancer le débat sur les travailleurs détachés, 20 ans après la création du statut par l’Union Européenne, on constate que ce fameux plombier polonais ne serait pas aussi préjudiciable au plombier français qu’on a pu le dire.

Rappelons quelques faits. Les travailleurs détachés sont des étrangers autorisés à travailler temporairement dans un État membre de l’UE sans en être résident ni citoyen. Le salaire et les conditions de travail à respecter sont ceux du pays d’accueil, mais les charges sociales correspondent à celles du pays d’origine. Il y aurait aujourd’hui en France 250 000 travailleurs détachés légaux et autant d’illégaux. Ils viennent de Pologne, de Roumanie ou du Portugal et travaillent essentiellement dans le BTP.

Valérie Rabault, la députée socialiste et rapporteur général du budget, a créé la surprise en déclarant qu’un smicard français coute moins cher à l’entreprise (1) grâce au CICE qu’un travailleur détaché en France. Preuve en serait que le dumping social lié au détachement du travail au sein de l’UE serait surestimé dans le cas français.

 

L’inégalité entre les indépendants et les salariés est le vrai problème de la France

 

Il n’empêche, une catégorie de travailleurs reste comme à son habitude l’éternelle oubliée des politiques publiques : les indépendants. En effet, que des efforts soient faits sur les charges qui pèsent sur l’emploi salarié est une bonne chose. En revanche, on peut s’indigner du traitement réservé aux travailleurs indépendants. Les efforts réels poursuivis par les différents gouvernements sur la fiscalité pour les revenus les plus faibles, n’ont concerné que les salariés. Le pouvoir politique ne semble s’inquiéter que des emplois salariés et nettement moins des 6 millions d’indépendants de notre pays.

Il ne s’agit là de rien de plus que d’une question d’équité entre le travailleurs. Quel que soit l’exemple choisi, la comparaison donne toujours l’avantage au salarié : il bénéficie de 5 semaines de congés payés alors que l’indépendant n’en a pas, un délai de carence de 7 jours continue d’être imposé aux indépendants contre 3 jours pour les salariés, en ce qui concerne les indemnités chômage les indépendants n’en bénéficient tout simplement pas et c’est sans compter sur les chèques vacances et chèques restaurant réservés aux salariés.

L’indépendant doit en plus supporter lui-même ses frais et ses charges et la comparaison de la part des cotisations sociales dans le salaire brut lui est encore une fois défavorable. Selon les diverses sources de la sécurité sociale et en particulier du RSI, on estime que les cotisations sociales représentent 47.54 % des revenus d’un indépendant contre 34.18% pour un salarié.

 

Responsables politiques de tous bords, pensez aux travailleurs indépendants !

 

Le Club des Entrepreneurs lance donc un appel aux responsables politiques : il est grand temps de prendre en compte les indépendants de ce pays et de s’intéresser à leur sort. Une grande partie de nos concitoyens sont ou deviendront des indépendants. En effet, leur nombre a progressé de plus de 80% en 15 ans et la tendance n’est pas prête de s’inverser.

Alors peut-être la défense des indépendants est-elle moins vendeuse que celle des salariés en période pré-électorale, mais les travailleurs indépendants méritent eux aussi qu’on les considère et qu’on les défende, au nom de l’équité.

Croyez bien que ce n’est pas trop demander pour ces Français qui nourrissent notre économie en innovant et en prenant des risques malgré tout ce qui est fait pour les décourager.

 

 

(1) http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211098377374-travailleurs-detaches-les-francais-sont-moins-couteux-a-lentrepreneur-2012250.php