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Pourquoi les chefs d’entreprises se mettent-ils à faire de la politique pour sauver la loi Macron ?

Pourquoi les chefs d’entreprises se mettent-ils à faire de la politique pour sauver la loi Macron ?

Pourquoi les chefs d’entreprises se mettent-ils à faire de la politique pour sauver la loi Macron ?

Une trentaine de personnalités du monde économique ont signé, il y a quelques jours dans le JDD, une tribune exhortant les députés à voter la loi Macron, actuellement en débat à l’Assemblée. Pour le président du Club des entrepreneurs, il s’agit d’un signal fort à la hauteur de l’enjeu. Au delà de l’impact économique, le vote de la loi Macron représente surtout un symbole d’ouverture politique important vis-à-vis de l’entreprise.

Des entrepreneurs appellent les députés à voter la loi Macron. Pourquoi les chefs d’entreprises se mettent-ils ainsi à faire de la politique ?

Nous, chefs d’entreprise, nous sommes sur le terrain de l’emploi. Le message que nous voulons faire passer, c’est de mettre de côté les couleurs politiques afin de décrisper cette société française que les lois ont successivement tué. Les lois en France ont bien plus tué l’activité et l’emploi qu’elles n’en ont créé. Pour une fois que l’on a un projet législatif qui donne une impulsion, ne laissons pas passer cela. Que l’on soit politique, chômeur, salarié ou entrepreneur, le constat c’est que le pays est bloqué.

Il faut stopper cette spirale de destruction de l’emploi et de l’activité. Ce projet de loi est surtout un changement de paradigme qui va permettre au législateur d’appréhender différemment la vie de l’entreprise. Chacun est conscient que cela fait 30 ans que l’on repousse les réformes ambitieuses.

Justement, on reproche à ce texte d’être ni très ambitieux, ni très efficace pour la croissance et l’activité. Qu’en pensez-vous ?

Ceux qui disent cela sont des gens qui ont une vue partielle de la chose. En tant qu’entrepreneur, je crois que c’est un signal fort, symbolique, qui va avoir une prise économique bien concrète. On voit tous les jours des Français qui ont envie de travailler, de gagner plus d’argent. Mais je pense aussi aux investisseurs étrangers qui n’osent plus lancer des projets, aux touristes qui vont pouvoir consommer. C’est tout un écosystème industriel autour des commerces qu’on ouvre le dimanche, autour de ces entreprises qui vont pouvoir travailler davantage. Il y a une dynamique globale impulsée par cette loi, une nouvelle approche de l’économie de proximité.

Estimez-vous malgré tout que cette loi est incomplète ?

Il manque forcément des éléments mais si nous, entrepreneurs, nous attendions d’avoir une entreprise parfaite on ne commencerait jamais rien. Pour arriver à ce texte de 200 articles, il faut imaginer le travail, ces acteurs de l’ombre qui travaillent à négocier avec l’ensemble des parties prenantes. Il y a un travail colossal derrière. Ma crainte c’est plutôt la portée du texte au-delà du Parlement. Il faut maintenant faire en sorte de pas réduire la portée de ces articles. Le Parlement doit voter le texte en l’état. Si on adopte les 3000 amendements déposés, la loi n’aura plus aucun sens. Ne cassons pas cette dynamique positive impulsée par le texte qui est nécessaire à notre économie.

Propos recueillis par Julien Gagliardi