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Décret Alstom: qu’en est-il ?

Décret Alstom: qu’en est-il ?

Décret Alstom: qu’en est-il ?

«La puissance publique doit avoir son mot à dire» sur des secteurs «stratégiques», justifie Matignon …

ENTREPRISES – Un décret donne à l’Etat un droit de veto à des acquisitions dans cinq nouveaux secteurs jugés sensibles. Il devient l’arbitre dans le rachat partiel d’Alstom…

Le décret, publié au Journal officiel ce jeudi, étend à l’énergie et aux transports le mécanisme de protection des entreprises stratégiques contre les appétits étrangers, ce qui fait de l’Etat français l’arbitre des négociations entre Alstom et les prétendants à un rachat partiel de ce groupe.

Le dispositif, qui étend un décret existant de 2005 à cinq nouveaux secteurs jugés stratégiques (énergie, transport, eau, télécoms et santé), intervient alors que l’américain General Electric et l’allemand Siemens cherchent à reprendre la majeure partie des actifs du groupe industriel français Alstom, un dossier dans lequel l’Etat cherche à faire pression.

Les réactions au décret:

Matignon. «La puissance publique doit avoir son mot à dire» sur des secteurs «stratégiques», justifie Matignon. «On adopte un dispositif qui existe déjà par ailleurs, comme en Allemagne, en Italie, en Espagne, de même qu’aux Etats-Unis. Bien entendu, la France reste ouverte aux investissements étrangers, mais dans les cas sensibles la puissance publique doit avoir son mot à dire et le dossier Alstom nous a fait prendre conscience qu’on avait besoin d’un dispositif de ce type». C’est «un choix de patriotisme économique», déclare quant à lui le ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, dans un entretien à paraître dans Le Monde.

Michel Sapin, ministre des Finances. «L’Etat, c’est son rôle fondamental, protège les intérêts stratégiques de la France».

Jean-François Copé, président de l’UMP. «C’est une nouvelle foucade d’Arnaud Montebourg dont le bilan au gouvernement est absolument désastreux», selon le député-maire de Meaux. «Cette mesure, qui vient en droite ligne de la philosophie qui est la sienne, dirigisme, interventionnisme, négation de la réalité économique, va évidemment continuer de dissuader les investisseurs étrangers d’investir en France», ajoute le président de l’UMP, alors que se «multiplient les délocalisations» et «les sinistres industriels».

Marine Le Pen, présidente du FN, a qualifié d’«enfumage électoraliste» le décret pris par le gouvernement français pour permettre à l’Etat d’arbitrer un dossier de rachat industriel comme celui d’Alstom. Qualificatif qu’a contesté l’eurodéputée frontiste sur France 2: «Ca arrive une semaine avant les élections européennes, donc je pense qu’on est en plein enfumage électoraliste», a-t-elle affirmé. Pour elle, le décret sera «probablement retoqué par l’Union européenne puisque l’UE interdit le patriotisme économique». «De surcroît, très objectivement, ce n’est pas du patriotisme économique, ça, parce que, écarter un Américain pour vendre Alstom à un Allemand, moi je n’appelle pas ça du patriotisme», a déclaré la candidate aux Européennes. «Le patriotisme, ça consiste à conserver Alstom en France avec la maîtrise française de cette société absolument stratégique», selon elle.

Le Club des Entrepreneurs, par la voix de son Président, Guillaume Cairou, se félicite de cette initiative. Il affirme qu’aucune raison ne s’oppose à ce que la France soit le dernier Etat du monde à réfléchir au degré optimal entre libre échangisme et protectionnisme pour préparer sa compétitivité future. «Nous adressons en revanche une mise en garde: ce décret ne doit pas être l’occasion du réveil de nostalgies. Ce décret constitue la pierre angulaire utile d’un arsenal offensif qui doit être déployé par le gouvernement pour renforcer et développer des leaders mondiaux français alors que nous comptons plus d’un dixième de nos entreprises dans le Top 100 des plus grandes entreprises mondiales. Ces pépites sont précieuses. Il faut les préserver

Bruxelles met la France en garde contre la «tentation protectionniste» après le décret d’Arnaud Montebourg sur le patriotisme économique.